En visite officielle au Gabon du 23 au 24 novembre, le président français Emmanuel Macron a prononcé un discours dense, saluant la transition politique menée depuis le 30 août 2023 et affichant la volonté de bâtir un partenariat « réinventé », fondé sur le respect et l’exemplarité. Dès l’ouverture de son allocution, le chef de l’État français a exprimé sa « joie de revenir au Gabon », rappelant le souvenir de sa visite de 2023. Selon lui, le pays a « ouvert une nouvelle ère fondée sur le renouveau, l’inclusivité et la pluralité des opinions », une dynamique à saluer et à soutenir. Le Gabon, un exemple de transition réussie selon Paris Macron n’a pas hésité à citer le Gabon comme « un exemple » dans les forums internationaux, saluant le respect du calendrier électoral et l’accession de Brice Clotaire Oligui Nguema au statut de premier président de la nouvelle République. « Chaque fois que vous avez pris des engagements, vous les avez respectés », a-t-il insisté.
Le président français a également félicité « l’ensemble des Gabonaises et des Gabonais » pour avoir écrit les premières pages d’une nouvelle histoire politique, soulignant une transition « rapide », « maîtrisée » et « inclusive ». Un partenariat repensé : respect, réciprocité et exemplarité Macron a rappelé la philosophie qu’il porte depuis 2017 : une relation franco-africaine débarrassée des logiques anciennes. Il a soutenu les propos du président gabonais sur l’abandon du modèle d’exploitation brute des ressources, affirmant : « L’Afrique ne peut plus être un continent de simple extraction. » Il a ainsi réaffirmé son engagement pour un partenariat gagnant-gagnant, appuyé par des investissements dans l’énergie, la transformation industrielle et la valorisation des matières premières. Un appui clair au plan gabonais : eau, déchets, infrastructures, rail, manganèse Macron a annoncé l’accélération de plusieurs projets structurants : gestion de l’eau, traitement des déchets, développement des infrastructures, modernisation du rail grâce à un nouveau financement AFD-UE, transformation du manganèse avec des engagements suivis « tous les deux mois ».
Il a rappelé la présence de 85 entreprises françaises au Gabon, générant plus de 12 000 emplois, principalement gabonais et prêtes à investir davantage dans un cadre « respectueux des intérêts de chacun ». Une coopération sécuritaire « totalement réinventée » Le partenariat de défense a été présenté comme l’un des piliers historiques de la relation bilatérale. Macron a confirmé la transformation complète de ce cadre, passant d’une logique d’assistance à une coopération réciproque centrée sur : la formation, les exercices conjoints, les équipements militaires, la montée en puissance d’une base franco-gabonaise, et la création de l’Académie de protection de l’environnement et des ressources naturelles. Environnement et jeunesse : les nouveaux axes forts La France poursuit aussi son soutien à la préservation des forêts du bassin du Congo, rappelant l’accord de conversion de dette de 60 millions d’euros dédié à la gestion durable des écosystèmes. Macron a salué le rôle du Gabon dans l’Appel de Belém lancé lors de la COP 30. Il a également insisté sur la jeunesse gabonaise : 5 700 étudiants gabonais en France, construction d’écoles et programmes de formation, inauguration du nouvel Institut français du Gabon rénové. « La France sera là, à sa juste place » En conclusion, le président français a assuré que Paris accompagnera le Gabon dans l’ouverture de cette nouvelle page démocratique. « Avec respect, considération et ambition partagée », a-t-il affirmé.





