Le Gabon accélère la structuration de son économie numérique avec l’ambition d’en faire un véritable levier de recettes publiques. Dans cette dynamique, la Direction générale des impôts (DGI) et l’entreprise technologique Gozem Gabon ont conclu, le 11 décembre 2025 à Libreville, un accord de coopération technique destiné à améliorer l’encadrement fiscal des activités numériques.
À travers ce partenariat, les autorités fiscales entendent mieux appréhender le fonctionnement des plateformes digitales et adapter les mécanismes d’imposition à l’évolution rapide des usages numériques. Une démarche d’autant plus stratégique que, selon les données de l’Autorité de régulation des communications électroniques et des postes (ARCEP), le taux de pénétration d’Internet au Gabon atteignait 127,44 % au premier trimestre 2025, traduisant une forte intensité des usages numériques dans le pays.
Mieux taxer le numérique pour sécuriser les recettes publiques
L’enjeu pour la DGI est clair : éviter que l’essor des plateformes numériques ne se fasse en dehors du champ fiscal. L’administration souhaite ainsi se doter de compétences techniques, de données et d’outils adaptés afin de construire un système de taxation équitable pour le commerce en ligne et les services numériques, qu’ils soient fournis par des acteurs locaux ou internationaux.
Cette coopération avec Gozem s’inscrit également dans une logique de prévention de l’évasion fiscale, alors que les modèles économiques digitaux échappent souvent aux schémas classiques d’imposition. Pour la DGI, il s’agit d’anticiper ces mutations afin que le Gabon ne devienne pas une zone de complaisance fiscale pour les grandes plateformes opérant sur son territoire.
Un contexte budgétaire ambitieux pour 2026
Ce partenariat intervient dans un contexte de fortes ambitions budgétaires. Selon les projections inscrites dans la loi de finances, les recettes fiscales attendues pour l’année 2026 sont estimées à 2 404 milliards de francs CFA. Ce montant représente une progression d’environ 30 % par rapport aux prévisions initiales de 2025, qui s’établissaient autour de 1 854 milliards de francs CFA.
La fiscalisation plus efficace de l’économie numérique apparaît ainsi comme l’un des leviers majeurs pour atteindre ces objectifs, dans un environnement économique de plus en plus digitalisé.
En s’appuyant sur la collaboration entre administration fiscale et acteurs technologiques, le Gabon amorce une transformation de son cadre fiscal, avec l’ambition de concilier innovation, équité fiscale et sécurisation durable des ressources de l’État.
« l’équipe de rédaction »





