L’Union démocratique des bâtisseurs (UDB) serait passée à l’acte disciplinaire contre l’un de ses députés fraîchement élus. Selon une correspondance attribuée au secrétariat général du parti, largement relayée sur les réseaux sociaux, Fiacre Mpako Ngoma, député du 2ᵉ siège de la Zadié Mekambo, aurait été suspendu à titre conservatoire des activités du parti pour indiscipline.
En cause, la prise de position publique du parlementaire contre la décision gouvernementale d’instaurer une Taxe forfaitaire d’habitation (TFH), une réforme fiscale vivement critiquée par une partie de l’opinion. D’après la lettre incriminée, l’UDB reproche à son élu d’avoir diffusé sur les réseaux sociaux « un message incitant à la révolte contre la taxe d’habitation proposée par le gouvernement ».
Toujours selon ce document, que le parti n’a pas officiellement démenti à ce stade, la formation politique fondée en juillet dernier par le président Brice Clotaire Oligui Nguema considère que le comportement du député constitue une faute grave. Le parti rappelle que « le cadre d’expression d’un député élu du peuple sous la bannière de l’Union démocratique des bâtisseurs est l’Assemblée nationale », estimant ainsi que toute contestation politique devrait s’exprimer dans l’hémicycle et non sur la place publique.
Contacté par la rédaction de Gabonactu.com, Fiacre Mpako Ngoma n’a pas souhaité faire de déclaration. Si l’authenticité de cette correspondance est confirmée, le député serait le premier cadre de l’UDB à faire l’objet d’une telle sanction disciplinaire, la lettre portant d’ailleurs le numéro 0001.
Sur les réseaux sociaux, cette affaire suscite déjà de vives réactions. Plusieurs internautes dénoncent ce qu’ils qualifient de dérive autoritaire du parti, y voyant une atteinte à la liberté d’expression pourtant garantie par la Constitution. D’autres, en revanche, estiment que la discipline partisane est une exigence normale au sein d’une formation politique soutenant l’action gouvernementale.
Dans l’attente d’une communication officielle de l’UDB, cette affaire relance le débat sur l’équilibre entre liberté de parole des élus et devoir de loyauté au sein des partis politiques.





