Le Gabon traverse une période de transition politique marquée par des efforts pour assainir les finances publiques et éradiquer les pratiques de corruption héritées du régime précédent. Dans ce contexte, des enquêtes ont été menées et des suspensions prononcées au sein de plusieurs institutions publiques, notamment Gab’Oil, l’Autorité de Régulation des Transports Ferroviaires (ARTF) et la Caisse Nationale d’Assurance Maladie et de Garantie Sociale (CNAMGS).
Cependant, près d’un mois après ces mesures, le procureur de la République près le Tribunal de Libreville, Bruno Obiang Mve, demeure silencieux, laissant subsister des zones d’ombre et des interrogations au sein de l’opinion publique. Traditionnellement, le procureur a joué un rôle clé en informant la population sur les procédures judiciaires en cours, comme l’avait fait son prédécesseur, André Patrick Roponat. Ce silence actuel contraste avec les pratiques antérieures et alimente des spéculations sur la transparence et la légitimité des actions entreprises.
Les suspensions à Gab’Oil, ARTF et CNAMGS ont été motivées par des allégations de malversations financières. À la CNAMGS, des dépenses jugées non conformes à la mission de l’organisme, telles que le financement de conférences budgétaires et d’événements non liés à l’assurance maladie, ont été rapportées. Ces révélations ont conduit à la suspension de la Directrice générale, Audrey Christine Chambrier Voua, et de la Présidente du Conseil d’administration, Brigitte Anguile Mba.
À Gab’Oil, des pratiques financières douteuses ont été mises en lumière, notamment la création d’une « régie d’avance » de 46 millions de FCFA pour financer une campagne référendaire déjà en cours, soulevant des questions sur la gestion des fonds publics.
Face à ces révélations, le silence du procureur soulève des interrogations sur la transparence des enquêtes et la volonté des autorités de lutter contre la corruption. L’absence de communication officielle alimente des spéculations et des doutes sur la légitimité des mesures prises, laissant l’opinion publique dans l’incertitude quant à l’avenir de ces dossiers sensibles





