le Front démocratique socialiste (FDS) a réuni, ce dimanche 25 janvier, une foule nombreuse dans une salle de fête comble à Louis. Devant militants et sympathisants, son président, Anges Kevin Nzigou, a livré un discours dense et structuré, aux allures de manifeste politique. Un propos clair : soutien assumé à la Transition issue du 30 août 2023, mais rejet sans ambiguïté de toute compromission avec les pratiques héritées de l’ancien régime.
Soutenir la Transition, sans renoncer à l’esprit critique
Le leader du FDS a rappelé l’adhésion populaire qui a accompagné l’avènement du Comité pour la transition et la restauration des institutions (CTRI), ainsi que le soutien initial de son parti, vécu comme une véritable rupture après des décennies de système PDG. Mais Anges Kevin Nzigou a tenu à poser une limite nette : « adhérer ne signifie pas renoncer à penser ».
Selon lui, la réussite de la nouvelle République passe impérativement par une rupture réelle avec les réflexes, les méthodes et les consciences de l’ancien système. « Il est difficile de construire le monde d’après avec les consciences du monde d’avant », a-t-il lancé, dénonçant une cohabitation qu’il juge moralement et politiquement incohérente.
« Rester droits », le socle idéologique du FDS
Au cœur de son discours, Anges Kevin Nzigou a réaffirmé les fondamentaux socialistes du FDS : dignité humaine, justice sociale et solidarité. Ces principes, a-t-il souligné, ne peuvent exister sans un État de droit solide, le respect des libertés publiques et le refus de l’arbitraire. Dans la salle, un mot d’ordre a fait écho à plusieurs reprises : « rester droits ». Une injonction à ne pas céder au silence ou à la complaisance, même lorsque la majorité politique du moment exerce une pression contraire.
Éducation : l’alerte maximale
Le ton s’est durci lorsque le président du FDS a abordé la crise du secteur éducatif. Qualifiant la situation d’« indigne », il a vivement critiqué la gestion de la grève des enseignants et dénoncé les arrestations de syndicalistes. Le parti exige la libération « inconditionnelle » des détenus, citant nommément Marcel Libama et Simon Ndong Edzo.
« Arrêter un syndicaliste, c’est une atteinte directe à la liberté », a martelé Nzigou, rappelant qu’« on peut être retraité et rester syndicaliste ». Il a interpellé directement le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, l’appelant à se placer « en première ligne » pour sortir le pays de cette impasse sociale et politique.
Loi de finances 2026 : un risque de choc social
Sur le plan économique, le président du FDS a mis en garde contre ce qu’il qualifie d’« effet ciseau » : augmentation des taxes et recul de la solidarité sociale. Il a pointé la suppression de la subvention sur la farine, la pression fiscale accrue sur le logement — avec un CFU pouvant atteindre 15 % et se cumuler à d’autres prélèvements —, la hausse annoncée des tarifs de l’électricité, ainsi que la disparition de certains filets sociaux. Un ensemble de mesures qu’il juge potentiellement explosif sur le plan social.
Peine de mort : une ligne rouge non négociable
Autre sujet sensible, la peine de mort. Anges Kevin Nzigou a rejeté catégoriquement toute perspective de son rétablissement, qualifiant cette option de « barbarie d’État ». Il a dénoncé l’instrumentalisation émotionnelle des faits divers et y voit un refuge idéologique pour des acteurs issus de l’ancien système.
Cap sur le Congrès
En clôture, le président du FDS a annoncé la tenue prochaine du Congrès du parti, présenté comme un moment clé de souveraineté militante. Il devra permettre de clarifier la trajectoire politique, les méthodes, les alliances et, surtout, les lignes rouges du FDS.





