jeudi, mars 5, 2026
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Alain Claude Bilie-By-Nze sur TV5 : quand la parole tourne à vide face aux réalités du pays

Invité sur TV5 Monde, Monsieur ACBBN a récemment livré une analyse de la situation nationale, notamment sur la crise du secteur éducatif, la dette publique et les priorités de l’État.
Cette sortie médiatique a suscité une réaction ferme et argumentée d’Étienne Francky Meba Ondo, qui propose, dans la tribune ci-dessous, une lecture critique des propos tenus, en les confrontant aux faits, aux choix politiques passés et aux réalités actuelles du Gabon.
Nous publions l’intégralité de cette tribune, sans altération, dans le respect de la pensée et de la responsabilité de son auteur.

𝐀𝐂𝐁𝐁𝐍 𝐒𝐔𝐑 𝐓𝐕𝟓 𝐎𝐔 𝐋𝐄 𝐌𝐈𝐍𝐈𝐒𝐓È𝐑𝐄 𝐃𝐄 𝐋𝐀 𝐏𝐀𝐑𝐎𝐋𝐄 𝐂𝐑𝐄𝐔𝐒𝐄

Sur TV5 ce mercredi 04 février 2026, vous vous êtes prêté, comme d’habitude, à votre exercice favori : paraître sans être. Discourir sans dire. Accuser sans assumer.

𝙎𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙦𝙪𝙚𝙨𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙘𝙧𝙞𝙨𝙚 𝙙𝙪 𝙨𝙚𝙘𝙩𝙚𝙪𝙧 é𝙙𝙪𝙘𝙖𝙩𝙞𝙛

La question du journaliste a été claire : « Quelles sont vos propositions de sortie de crise ? »

Votre réponse était aussi évasive et creuse que la littérature de votre projet de société présenté pour la présidentielle de 2023. Vous êtes aujourd’hui plongé dans une sorte de récupération politique face à un problème légitime et sérieux, non résolu par vous hier.

À ce sujet, on avait pensé que vous vous rattraperiez symboliquement dans votre projet de société. Rien. En dehors de promettre 6000 recrutements pour des postes vacants, vous avez là aussi royalement ignoré la situation existante des enseignants que les autorités actuelles ont choisi de corriger progressivement. Soit 5000 régularisations pour l’Education nationale sur les 12 000 prévues pour l’ensemble de l’administration en tenant compte des contraintes budgétaires.

Oui, c’est bien en novembre 2023 que le Gouvernement de la Transition a courageusement décidé de mettre fin au gel des recrutements et autres situations administratives. Un gel hérité de votre gestion désastreuse.

Au terme de l’année 2024, plus de 4400 compatriotes avaient été mis sur solde. Cette volonté de recruter et de réparer le préjudice administratif s’est donc manifestée dès la période de Transition. Des efforts gouvernementaux à encourager car la détresse de nos compatriotes est réelle. Elle mérite un traitement respectable et éloigné des palabres politiciennes.

𝙑𝙤𝙪𝙨 𝙙𝙞𝙩𝙚𝙨 𝙦𝙪’𝙞𝙡 𝙛𝙖𝙪𝙩 𝙟𝙪𝙨𝙩𝙚 𝙢𝙚𝙩𝙩𝙧𝙚 𝙙𝙚 𝙡’𝙖𝙧𝙜𝙚𝙣𝙩 𝙨𝙪𝙧 𝙡𝙖 𝙩𝙖𝙗𝙡𝙚

Pourquoi vous, qui aviez un taux d’endettement conforme aux critères de convergence de la CEMAC, ne l’aviez-vous pas fait ? Qui était au pouvoir en 2020 quand ce taux d’endettement avait dépassé les 70% du PIB ? Pourquoi, l’année suivante, avoir signé un accord de financement avec le FMI ? Et que disait le FMI au sujet de cette gouvernance ?

Ce sont les dépenses de santé (Covid-19) et de relance économique qui avaient suscité cet endettement de 2020.

Aujourd’hui, et depuis la période de Transition, le dégel des recrutements et autres régularisations administratives, les chantiers lancés et visibles, et les dépenses à caractère social ne peuvent donc justifier l’actuel niveau d’endettement ? Endettement qui demeure un levier de financement pour l’Etat ? Ce qui compte étant de s’endetter utilement et de façon responsable pour le pays.

Si le ratio dette/PIB a hier été au-dessus des critères de convergence avant de retrouver un niveau conforme, rien ne dit que cela ne sera le cas demain. D’ailleurs, le Gouvernement a déjà manifesté sa volonté de travailler avec le FMI.

L’esprit républicain de tout responsable politique, loin de souhaiter le pire à son pays pour des raisons politiciennes, recommande d’agir dans le sens de faire cohabiter la préservation de nos acquis sociaux et la nécessaire collaboration avec les institutions financières internationales.

𝙇𝙚 𝙙𝙖𝙣𝙜𝙚𝙧 𝙙’𝙪𝙣𝙚 𝙘𝙧𝙖𝙨𝙨𝙚 𝙘𝙤𝙢𝙥𝙖𝙧𝙖𝙞𝙨𝙤𝙣 𝙚𝙣𝙩𝙧𝙚 𝙛𝙤𝙣𝙘𝙩𝙞𝙤𝙣𝙣𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨 𝙢𝙞𝙡𝙞𝙩𝙖𝙞𝙧𝙚𝙨 𝙚𝙩 𝙘𝙞𝙫𝙞𝙡𝙨

Lors votre sortie médiatique, et reprenant une tendance populiste bien connue, vous tentez d’opposer le traitement administratif de nos frères et sœurs d’armes à ce qui se passe dans le secteur de l’Education. Cette lecture simpliste destinée à nourrir une polémique inopportune est indigne d’une personnalité ayant occupé de hautes responsabilités dans notre pays.

Parce qu’en sus, vous lancez un message subliminal qui fait croire que nos compatriotes recrutés au sein des forces armées seraient moins citoyens que d’autres, en parlant même d’illettrisme et d’alphabétisation. Doit-on vous rappeler que ces Gabonais sont le produit du même système éducatif ?

S’il existe des manquements dans le secteur civil, cela est tout aussi le cas au sein des forces de Défense et de Sécurité qui sont composées de Gabonaises et de Gabonais vivant, à bien des égards, leurs propres difficultés sociales et professionnelles. À la différence, il n’existe pas de syndicalisme dans notre armée connue comme étant la « grande muette ».

D’ailleurs, il n’y a pas que la dimension sociale en parlant de l’armée. Nous voyons ces manquements lorsqu’il s’agit de déployer nos capacités opérationnelles contre l’immigration clandestine, l’insécurité, le sauvetage en mer, la lutte efficace contre les incendies et le piratage maritime. Il s’agit donc de sécurité et de capacité de dissuasion ou de prévention de notre pays contre ces potentielles menaces extérieures et intérieures.

Selon Global FirePower… « Sur 145 armées, dont 38 africaines évaluées pour 2025, le Gabon occupe la 33e place continentale, très loin derrière ses voisins de la région Cemac -Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale- que sont le Tchad (12e), le Cameroun (16e), le Congo (27e). Au rang mondial, le pays se positionne à la 133e place. Ce score reflète vraisemblablement un manque ou une insuffisance d’investissements dans le domaine militaire du pays » (Source Gabonreview).

Voici la réalité au-delà des postures médiatiques et politiciennes. D’où l’intérêt pour le Gouvernement d’investir dans notre armée.

Chaque secteur de notre administration est utile. Chaque secteur vit ses réalités. Aucun responsable politique ne doit les opposer. Nous devons plutôt contribuer à résoudre les situations de chaque secteur dans une dynamique d’ensemble et de cohérence nationale.

𝙇’𝙖𝙧𝙜𝙚𝙣𝙩 𝙖𝙪𝙧𝙖𝙞𝙩 é𝙩é 𝙙𝙞𝙡𝙖𝙥𝙞𝙙é 𝙨𝙪𝙧 𝙙𝙚𝙨 𝙥𝙧𝙤𝙟𝙚𝙩𝙨 𝙣𝙤𝙣 𝙚𝙨𝙨𝙚𝙣𝙩𝙞𝙚𝙡𝙨 𝙨𝙚𝙡𝙤𝙣 𝘼𝘾𝘽𝘽𝙉

Il serait plus juste de lister ces projets pour une meilleure appréciation. Toutefois, parler des projets de la cité de la démocratie comme étant sans intérêt relève de la mauvaise foi. Il est certes nécessaire de renforcer le secteur productif et c’est toute l’ambition des nouvelles autorités. Le plan d’actions gouvernemental exigé par le Chef de l’Etat, bien avant l’agitation médiatique de certains, est édifiant à ce sujet, secteur par secteur.

Mais un pays doit tout aussi garantir ce qui caractérise sa souveraineté et le respect de la dignité de son peuple. Lorsqu’on a passé du temps à accueillir nos hôtes sous des tentes climatisées, après avoir sauvagement détruit des bâtiments porteurs d’histoire, il faut faire preuve d’humilité face à la restauration qui s’opère actuellement à la cité de la démocratie. Oui, l’Etat dépense énormément à organiser ses événements au sein des hôtels. Si cet État peut être propriétaire pour réduire ses dépenses en la matière, il faut s’en féliciter. C’est cette même logique qui accompagne la construction de la cité administrative Émeraude. L’opposition politique ne justifie pas tout, surtout pas l’absurde.

𝘿𝙚 𝙡𝙖 𝙥𝙧𝙤𝙥𝙤𝙨𝙞𝙩𝙞𝙤𝙣 𝙙’𝙤𝙧𝙜𝙖𝙣𝙞𝙨𝙚𝙧 𝙡𝙚𝙨 É𝙩𝙖𝙩𝙨 𝙜é𝙣é𝙧𝙖𝙪𝙭 𝙙𝙚 𝙡𝙖 𝙉𝙖𝙩𝙞𝙤𝙣

Comme d’habitude, l’amnésie refait surface. Monsieur ACBBN, notre pays a organisé en 2023 une concertation sous votre supervision. Concertation au terme de laquelle vous avez choisi de vous aplatir devant les choix hasardeux imposés par la Young Team. Nous sommes bien placés pour en parler parce que nous étions acteurs opposés à votre manière de faire. Malgré nos interpellations, rien n’a été fait.

Tout ceci pour dire que vous avez le droit de ne pas être d’accord avec tout ce qui se fait. Mais la Constitution actuelle qui organise le fonctionnement de l’Etat a été adoptée par référendum, contrairement aux méthodes de votre époque qui faisaient tout adopter par un parlement acquis aux causes impopulaires. À moins d’avoir du mépris pour le choix sorti des urnes – vous nous y avez habitués jusqu’en août 2023—, vous vous devez de respecter ce choix souverain du Peuple.

Pour moi quoi. Dans la paix du fils de l’autre…

É𝙩𝙞𝙚𝙣𝙣𝙚 𝙁𝙧𝙖𝙣𝙘𝙠𝙮 𝙈𝙚𝙗𝙖 𝙊𝙣𝙙𝙤 𝙙𝙞𝙩 𝙈𝙚𝙗𝙤𝙤𝙣 𝙈ôô𝙣 𝙈𝙚𝙗𝙖 𝙊𝙣𝙙𝙤

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