Le Mexique a été secoué par une flambée de violences dans une vingtaine d’États à la suite de la mort de Nemesio Oseguera Cervantes, alias « El Mencho », chef du cartel Jalisco Nueva Generación (CJNG). Le narcotrafiquant a été tué dimanche 22 février lors d’une opération militaire menée à Tapalpa, dans l’État de Jalisco, à l’ouest du pays.
Considéré comme l’un des barons les plus puissants du narcotrafic mexicain, « El Mencho » faisait l’objet d’une récompense de 15 millions de dollars offerte par les États-Unis pour sa capture. Blessé au cours de l’intervention, il serait décédé lors de son transfert par avion vers Mexico.
Une riposte violente dans tout le pays
L’opération n’a pas tardé à provoquer une réaction des affidés du CJNG. Barrages routiers, véhicules incendiés, attaques coordonnées : les violences se sont propagées à travers le territoire national.
Selon le quotidien La Jornada, au moins 26 personnes ont trouvé la mort, parmi lesquelles une femme enceinte, 17 membres des forces de sécurité et 8 membres présumés du cartel.
Au total, 27 personnes ont été arrêtées en lien avec ces événements : 2 à Tapalpa, 11 pour leur participation présumée aux violences déclenchées en représailles, et 14 pour des faits présumés de pillage.
Les autorités ont recensé 229 barrages à travers le pays. Dans la nuit de dimanche à lundi, près de 90 % d’entre eux avaient été levés, signe d’un retour progressif au calme, même si d’importantes mesures de sécurité restent en vigueur.
Une opération d’envergure contre le CJNG
Lors de l’assaut initial à Tapalpa, sept criminels présumés ont été tués, trois soldats blessés et deux membres du cartel arrêtés. Les forces de sécurité ont saisi un arsenal conséquent, incluant des lance-roquettes.
La disparition d’« El Mencho » marque un tournant symbolique dans la lutte contre les cartels. Depuis l’arrestation des figures historiques du cartel de Sinaloa, Joaquín « El Chapo » Guzmán et Ismael « Mayo » Zambada, incarcérés aux États-Unis, il était considéré comme l’un des derniers grands parrains du narcotrafic mexicain.
Depuis 2006, la guerre contre les cartels a fait plus de 450 000 morts et plus de 100 000 disparus au Mexique, selon les chiffres officiels.
Appels au calme et tensions diplomatiques
Dès dimanche, la présidente Claudia Sheinbaum a appelé la population à « rester informée et calme », affirmant que « les activités se déroulent normalement dans la majeure partie du pays ». Elle a salué l’action de l’armée, de la Garde nationale et du cabinet de sécurité, soulignant l’engagement quotidien des autorités « pour la paix, la sécurité et la justice ».
Malgré l’amélioration de la situation, au moins huit des 32 États mexicains ont suspendu les cours en présentiel, et le pouvoir judiciaire a autorisé la fermeture temporaire de certains tribunaux.
Sur le plan international, l’administration américaine a indiqué avoir fourni un soutien en matière de renseignement au gouvernement mexicain. La porte-parole du président Donald Trump a déclaré que Washington veillerait à ce que les « narcoterroristes » répondent de leurs actes, tout en remerciant l’armée mexicaine pour sa coopération.
Le Mexique, de son côté, continue de rejeter toute intervention étrangère directe sur son territoire, dans un contexte où la lutte contre le narcotrafic demeure l’un des défis sécuritaires majeurs du pays.





