Face aux pénuries d’eau récurrentes dans le Grand Libreville, le président de la République, Brice Clotaire Oligui Nguema, a convoqué une réunion stratégique avec les responsables de la Société d’énergie et d’eau du Gabon (SEEG). La rencontre, tenue en présence du ministre de l’Accès universel à l’eau et à l’énergie, Philippe Tonangoye, traduit la volonté des plus hautes autorités d’apporter une réponse durable aux coupures d’eau qui affectent régulièrement les ménages du Grand Libreville.
Une crise aux causes bien identifiées
Au cœur des discussions : l’état préoccupant des infrastructures hydrauliques. Un audit technique réalisé l’an dernier par le groupe français Suez a mis en évidence d’importantes défaillances sur le réseau d’alimentation en eau, notamment au niveau des installations de production, de transport et de stockage.
Selon les conclusions de cette expertise, une grande partie des infrastructures actuellement en service est vieillissante, certaines datant de plus de quarante ans. Ces installations obsolètes expliquent en grande partie les interruptions fréquentes de la distribution d’eau potable dans plusieurs quartiers de Libreville et de sa périphérie.
Un partenariat pour moderniser le réseau
À la suite de cet audit, le groupe Suez, appuyé par le groupe PDB de l’homme d’affaires gabonais Parfait Duffy Bibang-bi-Obame, a ouvert une succursale au Gabon afin d’accompagner la SEEG dans la modernisation du système de distribution.
Le programme prévoit notamment l’optimisation technique des équipements de production, de transport et de distribution de l’eau potable. L’objectif est de réduire drastiquement les pertes enregistrées sur le réseau, estimées aujourd’hui entre 70 % et 80 % du volume d’eau destiné aux ménages, en raison de fuites et d’infrastructures dégradées.
Des investissements importants, mais des résultats attendus
Malgré la mobilisation d’importants moyens financiers – évalués à plus de 131,3 milliards de FCFA – et la mise en place de solutions techniques, les avancées sur le terrain restent encore limitées. Une situation qui alimente l’impatience des populations, souvent contraintes de dépendre des pluies ou de solutions alternatives pour leurs besoins quotidiens en eau.
La semaine dernière déjà, la question de l’approvisionnement en eau potable avait été au centre d’une réunion stratégique entre Suez et la Société d’énergie et d’eau du Gabon, sous la coordination du vice-président du gouvernement.
Vers une réforme structurelle du secteur
Le groupe français s’est engagé à améliorer durablement le service d’eau potable à Libreville ainsi que dans plusieurs autres localités du pays. Cette ambition passe par la mise en œuvre d’un nouveau modèle de gestion de l’eau, fondé sur la réhabilitation complète des installations hydrauliques et une modernisation progressive du réseau.
Pour les autorités, l’enjeu dépasse la simple amélioration technique : il s’agit désormais de garantir un accès fiable et continu à l’eau potable, devenu un impératif social et un facteur clé de qualité de vie pour les populations.





