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Pr Steeve Nzegho Dieko : la science comme socle de la souveraineté agricole africaine

Le 7 avril 2026, à Conakry, le Professeur Steeve Nzegho Dieko a livré une leçon inaugurale dense, engagée et profondément actuelle, intitulée « La science au service de l’agriculture en Afrique noire », dans le cadre du Salon de la Lecture de Conakry (SALEC).

Devant un parterre composé de responsables politiques, d’intellectuels, de chercheurs et d’acteurs du développement, et en présence du Premier ministre guinéen Amadou Oury Bah, cette intervention s’est imposée comme un moment fort de réflexion et d’interpellation.

D’emblée, le propos a posé les bases d’un débat essentiel : celui de la capacité du continent africain à assurer sa souveraineté alimentaire dans un contexte de pression démographique, de mutations climatiques et de tensions sur les ressources naturelles. L’Afrique, appelée à accueillir près de 2,5 milliards d’habitants d’ici 2050, fait face à une équation redoutable : produire davantage, mieux, et durablement, tout en garantissant l’accès équitable à l’alimentation. À cela s’ajoutent les défis liés à l’eau, à la dégradation des terres, à la volatilité des marchés agricoles et aux conséquences déjà visibles du changement climatique.

Dans ce contexte, le Professeur Steeve Nzegho Dieko a défendu une conviction forte : la science constitue le levier central de transformation. Non pas une science abstraite, mais une science appliquée, connectée aux réalités locales, capable d’améliorer les rendements, de développer des variétés résilientes, de moderniser les pratiques et de structurer des chaînes de valeur agricoles compétitives. Il a rappelé que, malgré son immense potentiel — notamment ses terres arables encore largement inexploitées —, l’Afrique demeure paradoxalement dépendante des importations alimentaires, une situation qu’il juge à la fois intenable et évitable.

L’intervention a également mis en lumière le rôle déterminant des politiques publiques et des investissements. Accroître le financement de la recherche, renforcer les partenariats entre secteurs public et privé, faciliter l’accès au crédit agricole, sécuriser le foncier et soutenir l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes apparaissent comme des conditions indispensables pour impulser une véritable transformation. Dans cette dynamique, les orientations stratégiques du gouvernement guinéen, portées par le Premier ministre Amadou Oury Bah, ont été saluées et encouragées, notamment en matière de modernisation agricole et de développement de l’agro-industrie.Mais au-delà des chiffres et des politiques, cette leçon inaugurale a été marquée par une dimension profondément humaine. Les échanges cordiaux, les félicitations et les empoignades chaleureuses avec les autorités présentes ont illustré l’importance du dialogue entre savoir scientifique et décision publique. Le professeur a d’ailleurs exprimé sa gratitude envers la commissaire générale du SALEC, Kadiatou Kaba, ainsi qu’envers les autorités guinéennes pour leur invitation et leur engagement en faveur du rayonnement intellectuel africain.En filigrane, c’est un véritable appel à la responsabilité collective qui a été lancé. Refusant les postures de résignation comme les discours excessivement optimistes, le Professeur a invité à une voie plus exigeante : celle de l’« afro-responsabilité ». Une Afrique consciente de ses défis, mais surtout déterminée à mobiliser ses ressources, ses talents et son intelligence pour construire un avenir durable.

Cette prise de parole, à la fois rigoureuse et inspirée, rappelle une évidence souvent négligée : l’agriculture n’est pas seulement un secteur économique, elle est au cœur de la stabilité, de la dignité et de la souveraineté des nations. Et si la science en est la semence, alors c’est dès aujourd’hui que doit se cultiver l’avenir du continent.

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