La récente déclaration du procureur de la République près le Tribunal de première instance de Libreville, Bruno Obiang Mve, sur l’état de santé de Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin, a ouvert un nouveau chapitre d’une bataille médiatique déjà explosive. Diffusée le 20 décembre dernier sur les antennes de Gabon 1ère, sa sortie a été rapidement et vivement contestée par les avocats des prévenus, qui l’accusent de travestir la vérité.
Dans un communiqué publié le lendemain, Me François Zimeray, Catalina de la Sota et Me Gisèle Eyué Bekalé ont dénoncé ce qu’ils qualifient de « mensonges éhontés » de la part du magistrat. Selon eux, leurs clients subiraient non seulement une détention arbitraire depuis 17 mois, mais également des actes de torture, en contradiction totale avec les propos rassurants avancés par le parquet.
Une communication sous tension
Lors de son intervention, Bruno Obiang Mve avait affirmé que Sylvia Bongo Ondimba et Noureddin Bongo Valentin étaient détenus dans des conditions « normales » et qu’aucun mauvais traitement ne leur avait été infligé. Il a également mentionné que leurs avocats avaient pu les rencontrer, confirmant implicitement un cadre respectueux des droits humains.
Mais les avocats des prévenus ont aussitôt rejeté ces affirmations, les qualifiant de fausses. « Nous sommes encore sous le choc de ce que nous avons vu », ont-ils déclaré, accusant le procureur de se plier à une pression politique visant à maintenir leurs clients en détention dans des conditions qu’ils décrivent comme indignes.
Vers de nouvelles révélations ?
Cette affaire prend une tournure particulièrement délicate. Les avocats ont promis de dévoiler prochainement des éléments précis et inédits à la presse, renforçant ainsi la tension entre les deux parties. Ils dénoncent une « mise en scène » orchestrée pour justifier une privation prolongée de liberté, pointant du doigt des atteintes graves aux droits de la défense.
De leur côté, les partisans du procureur estiment que ses déclarations visent à calmer une opinion publique divisée, au moment où la question des droits humains revient au premier plan dans les débats.
Un symbole d’enjeux nationaux
Au-delà des accusations croisées, cette affaire reflète les profondes tensions politiques et judiciaires qui traversent le Gabon post-Ali Bongo. L’ancienne première dame et son fils, autrefois figures centrales du pouvoir, se retrouvent aujourd’hui au cœur d’un affrontement judiciaire qui dépasse leur seule personne.
La vérité, qu’elle provienne des avocats ou du procureur, est désormais une question de crédibilité pour les institutions gabonaises. Une chose est sûre : cette bataille ne se limite pas à la salle d’audience, mais se joue aussi sur le terrain de l’opinion publique, où chaque déclaration pèse lourd.
Les révélations annoncées par les avocats seront-elles le coup de théâtre attendu ? Les prochains jours s’annoncent décisifs dans ce bras de fer judiciaire et médiatique, où la vérité semble être l’enjeu ultime.





