Le Parlement sud-coréen a marqué un tournant dans l’histoire politique du pays en votant, vendredi 27 décembre, la destitution du président par intérim Han Duck-soo. Accusé d’entraver une enquête cruciale liée à une tentative avortée d’instaurer la loi martiale par l’ancien président Yoon Suk-yeol, Han Duck-soo devient le premier président par intérim de l’histoire de la Corée du Sud à être démis de ses fonctions.
Un vote unanime et un contexte de crise politique
Lors d’une session extraordinaire, les 192 députés présents ont unanimement voté en faveur de la destitution, selon une annonce officielle du président de l’Assemblée nationale, Woo Won-shik. Ce résultat reflète la gravité des accusations portées contre Han Duck-soo, qui était déjà sous pression depuis qu’il avait pris les rênes de la présidence par intérim à la suite du limogeage de Yoon Suk-yeol le 14 décembre.
Yoon Suk-yeol, président conservateur, avait provoqué une onde de choc en début de mois en imposant brièvement la loi martiale, avant de se rétracter face à la contestation massive. Ce geste avait entraîné son suspension par le Parlement, une décision qui attend encore la validation de la Cour constitutionnelle.
Les accusations contre Han Duck-soo
L’opposition accuse Han Duck-soo d’avoir activement participé à l’insurrection orchestrée par Yoon Suk-yeol, en tentant notamment de bloquer l’enquête spéciale sur cette affaire.
Selon la motion de destitution, Han Duck-soo a refusé de nommer trois juges à la Cour constitutionnelle, rendant impossible une décision à la majorité des deux tiers sur la destitution de Yoon Suk-yeol. Ces sièges vacants, laissés inoccupés après le départ à la retraite de leurs titulaires, constituent un enjeu clé pour le processus juridique en cours.
L’opposition dénonce également une volonté délibérée d’entraver l’enquête visant à établir les responsabilités dans cette tentative d’instaurer la loi martiale, une manœuvre qualifiée de rébellion par les députés.
Une situation politique sans précédent
La destitution successive d’un président en exercice, puis de son remplaçant intérimaire, plonge la Corée du Sud dans une crise politique sans précédent. Le pays, connu pour son équilibre institutionnel, se retrouve dans une impasse qui pourrait avoir des conséquences majeures sur sa stabilité politique et économique.
Han Duck-soo, figure centrale du gouvernement, était censé représenter une continuité institutionnelle après l’éviction de Yoon Suk-yeol. Sa chute souligne les divisions profondes qui fracturent actuellement le paysage politique sud-coréen.
Et après ?
Le verdict final sur la destitution de Yoon Suk-yeol, attendu dans un délai de six mois par la Cour constitutionnelle, est désormais entouré d’incertitudes. Avec seulement six juges sur neuf, il sera difficile pour l’institution de trancher selon les règles habituelles.
En attendant, la Corée du Sud entre dans une période d’intérim prolongé, tandis que les partis politiques tentent de trouver une issue à cette crise inédite. Les regards se tournent vers la communauté internationale, qui observe avec attention l’évolution de cette situation dans l’un des pays les plus influents d’Asie de l’Est.
La destitution de Han Duck-soo marque non seulement une page sombre de l’histoire politique sud-coréenne, mais pose également des questions sur la résilience de ses institutions démocratiques face aux défis internes.





