La récente annonce du ministre de l’Intérieur concernant la révision du fichier électoral pour janvier 2025 a suscité une vague d’indignation. Par arrêté n°0002392/MIS du 26 décembre 2024, cette mesure est fondée sur une loi de 1996 décriée, alors même que le cadre constitutionnel et électoral est en pleine refonte.
Une décision en contradiction avec la transition démocratique
Ali Akbar Onanga Y’Obegue, juriste et ancien Secrétaire Général du Gouvernement, qualifie cette initiative de violation manifeste de la hiérarchie des normes juridiques. En effet, la nouvelle Constitution du 19 décembre 2024 exige une refonte complète des lois électorales, et le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI) a déjà entamé l’élaboration d’un nouveau code électoral.
« Cette décision, précipitée et unilatérale, perpétue des pratiques contraires aux aspirations de transparence et d’inclusion portées par la transition en cours », déclare Ali Akbar Onanga.
Un gaspillage des ressources publiques
La révision annoncée, basée sur des règles obsolètes, risque de devenir caduque dès l’adoption du nouveau cadre juridique. Ce double travail entraînerait des coûts inutiles en termes de ressources humaines et financières.
« Lancer cette opération dans un tel contexte est une gestion irresponsable des deniers publics », poursuit l’universitaire.
Une menace pour la confiance citoyenne
Le fichier électoral actuel, entaché d’inscriptions multiples et d’électeurs fictifs, est au cœur des revendications pour des élections plus transparentes. Réviser ce fichier avant même la définition de nouvelles règles pourrait nourrir le scepticisme populaire et compromettre la crédibilité de la transition politique.
Une exigence de patience et de rigueur
Pour Ali Akbar Onanga, la priorité devrait être d’attendre l’adoption du nouveau code électoral avant toute révision des listes. Cette étape est essentielle pour garantir l’unicité, la fiabilité et la transparence des processus électoraux.
La transition politique actuelle représente une opportunité historique pour instaurer un système électoral juste et démocratique au Gabon. Cependant, cette chance pourrait être compromise par des décisions précipitées et mal encadrées.





