La récente décision du ministre de l’Intérieur, Hermann Immongault, de fixer la période de révision de la liste électorale du 2 au 31 janvier 2025 à travers l’arrêté n°0002392 a suscité de vives réactions dans la classe politique gabonaise. Parmi les contestataires figure le mouvement politique Ensemble pour refonder la République (ERR), qui a exprimé son désaccord dans un communiqué daté du 28 décembre. ERR accuse cette mesure d’être unilatérale et de violer le calendrier de transition établi par le Comité pour la Transition et la Restauration des Institutions (CTRI).
Une décision jugée précipitée et unilatérale
Par la voix de son porte-parole, Fred Aurèle Zehou Moussock, ERR a dénoncé une révision du fichier électoral prise en dehors des engagements annoncés par le CTRI. Selon le mouvement, cette opération prévue initialement pour avril 2025 a été avancée sans concertation, modifiant ainsi le chronogramme de la transition présenté le 13 novembre 2023.
« En avançant la révision de la liste électorale et en mettant en place 181 commissions d’enrôlement au Gabon et à l’étranger, le ministre de l’Intérieur bouscule le calendrier établi, laissant place à des soupçons d’une volonté d’organiser une élection présidentielle anticipée », a déclaré ERR.
Des soupçons d’élections anticipées
Pour ERR, cette décision renforce la rumeur selon laquelle le CTRI chercherait à organiser une élection présidentielle anticipée en faveur d’un candidat déjà désigné. Cette stratégie, selon le mouvement, viserait à limiter les candidatures concurrentes et à prendre de vitesse les forces d’opposition.
Dans son communiqué, ERR demande au CTRI et au gouvernement de publier un nouveau calendrier électoral. Le mouvement insiste sur l’importance d’une transparence totale afin de permettre à toutes les forces vives de la nation de se préparer et de garantir des élections équitables et inclusives.
« Ensemble pour refonder la République exige que les prochains scrutins se déroulent dans des conditions favorisant une véritable compétition démocratique », conclut ERR.





